"Nous n'avons rien appris, nous ne savons rien, nous ne comprenons rien, nous ne vendons rien, nous n'aidons en rien, nous ne trahissons rien, et nous n'oublierons pas."
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Mis en ligne le 3 avril 2006

MARCHE DES INDIGENES DE LA REPUBLIQUE

8 mai 2006
de République à Barbès (Paris)

Le 17 janvier 2005, l’Appel intitulé « Nous sommes les indigènes de la république » était rendu public. Il a suscité rapidement le soutien enthousiaste de milliers de personnes pour la plupart issues de l’immigration postcoloniale. Il a suscité également la réprobation virulente de la plupart des composantes de la scène politique, de droite comme de gauche.

La raison en est simple : nous sommes passés du rôle d’accusés, constamment suspects de « délinquance », d’« islamisme », d’« antisémitisme », de « sexisme », de « communautarisme » et autres monstruosités liées à nos prétendus atavismes culturels, au rôle d’accusateurs. Nous avons dévoilé l’hypocrisie républicaine qui parle d’égalité et d’universalisme alors qu’elle reproduit la ségrégation et le racisme. Nous avons dévoilé l’hypocrisie d’un certain « anti-racisme » qui, à l’instar des appendices du PS, SOS-Racisme et Ni Putes Ni Soumises, se contente de regretter la permanence de représentations racistes sans contester le système qui les produit et les discriminations sociales, culturelles et politiques qu’elles impliquent. L’Appel a dévoilé ce que la république occulte : le racisme dont sont victimes les populations issues de l’immigration est ancré dans un système social, politique, institutionnel et idéologique, produit de la colonisation, qui perpétue la ségrégation raciale et culturelle en France. Nous avons dit : le colonialisme n’a pas été une parenthèse malencontreuse qui s’est refermée avec les Indépendances ; le postcolonialisme poursuit le colonialisme sous une autre forme vis-à-vis des anciennes colonies, des actuelles possessions françaises et des populations issues de l’immigration.

Le premier défi que nous nous étions lancé en publiant l’Appel était d’imposer un débat public sur le rapport entre l’histoire coloniale de la république et les discriminations dont sont l’objet les noirs, les arabes et les musulmans. Ce défi a été relevé. Sur la base de l’Appel, de nombreuses forces se sont regroupées, constituant des collectifs comme autant d’instruments de lutte : militant-e-s des quartiers ou de l’immigration, associations musulmanes, de travailleurs maghrébins, espaces engagés dans la solidarité avec le peuple palestinien, féministes, militant-e-s de gauche, toutes et tous uni-e-s contre le postcolonialisme.

Grâce à la Marche des indigènes du 8 mai 2005, à laquelle ont participé plusieurs milliers de personnes, et à de multiples initiatives dans différentes villes de France ; grâce à la lutte contre la loi du 23 février ; grâce surtout à la révolte des quartiers populaires, les questions soulevées dans l’Appel sont aujourd’hui au coeur du débat politique. Désormais, incontournable, la question du postcolonialisme est sujet d’une controverse qui traverse l’ensemble de l’espace politique, médiatique, intellectuel et académique, obligé de se positionner sur les thèses de l’Appel qu’ont confirmé de manière éclatante les événements qui se sont succédés depuis sa publication.

Un chapelet de lois et de mesures ont été prises, ou sont en voie de l’être, qui aggravent encore plus la situation des populations issues de l’immigration coloniale et postcoloniale tandis que l’offensive raciste, négrophobe et islamophobe prend des proportions alarmantes. Cette offensive s’inscrit dans le cadre d’une attaque sans précédent pour imposer l’ordre sécuritaire et néolibérale dont l’ensemble des couches laborieuses et de la jeunesse sont la cible. Elle s’inscrit aussi dans le contexte de la politique de « guerre des civilisations » et de « recolonisation du monde » que mènent les Etats-Unis relayés notamment par la France.

Mais les thèses de l’Appel ont d’abord été confirmées par les luttes de ces derniers mois : la révolte des quartiers populaires, les luttes des sans-papiers, les luttes pour le droit au logement, les mobilisations en France et aux Antilles contre la loi inique du 23 février 2005, qui réaffirme l’« œuvre positive » de la France coloniale, les mobilisations contre la loi « sur l’égalité des chances ».

Ces luttes ont montré également la nécessité pour les populations issues de l’immigration postcoloniale de prendre en charge leur destin, de s’organiser, d’unir leurs énergies pour constituer une force politique autonome. Les sans-papiers, les immigrés parqués dans des foyers insalubres et dangereux, les habitants des quartiers, les jeunes confrontés aux brutalités policières, les ouvriers étrangers « derniers embauchés, premiers licenciés », les personnes issues des Dom Tom, les musulmans interdits de pratiquer leur foi, ont un même adversaire : la politique de ségrégation raciale mise en œuvre par la république dans la continuité de son passé colonial. Les luttes des populations issues de l’immigration et des quartiers ne pourront imposer le changement que si elles convergent au sein d’une dynamique autonome.

Mais, si elle concerne en premier lieu les populations issues de l’immigration, c’est l’ensemble des classes populaires qui est visé aujourd’hui par l’offensive gouvernementale. La « loi sur l’égalité des chances », présentée comme une réponse à la « crise des banlieues », fragilise toute la jeunesse et les travailleurs en même temps qu’elle accroît l’extrême précarité des immigrés et de leurs enfants, français ou non. Les mesures policières, présentées comme une réponse à la « délinquance » des jeunes des « quartiers sensibles », a pour but également de permettre le contrôle social et la répression des classes populaires dans leur ensemble. Depuis des décennies, les politiques de droite comme de gauche, manipulent ce qu’elles appellent le « problème de l’immigration ». La « sécurité » ou le prétendu « danger islamiste » sont devenus les thèmes de prédilection d’une propagande qui vise à briser toute résistance à la politique néo-libérale et conservatrice. La perpétuation des discriminations et du racisme, inscrite dans le système postcolonial, est une arme contre l’ensemble du mouvement social. A toutes les forces progressistes et démocratiques, nous disons ceci : soyez avec nous dans la lutte contre le racisme et les discriminations ! Rejoignez le combat contre le postcolonialisme !

Le 8 mai prochain, sous le signe de Toussaint Louverture, héros de la lutte contre l’esclavage, nous battrons le pavé parisien pour affirmer haut et fort la nécessité d’une lutte autonome des populations issues de l’immigration postcoloniale et notre volonté de trouver les chemins d’un « tous ensemble » anticolonialiste.

Toutes et tous à la Marche des Indigènes, le 8 mai prochain à 14h de République à Barbès !!!

-  Pour l’amnistie des révoltés d’octobre-novembre 2005 et des personnes inculpées à la suite des manifestations contre le CPE !

-  Abrogation de la loi pour l’égalité des chances !

-  Abrogation des articles colonialistes de la loi du 23 février 2005 !

-  Non, à la loi sur l’immigration jetable !

-  Dignité ! Egalité ! Justice !

Le Mouvement des Indigènes de la République


Souscription urgente pour financer la préparation de la deuxième Marche des indigènes de la république

Notre mouvement est un mouvement autonome et l’autonomie a un prix : nous n’avons d’autres ressources que les efforts que peuvent consentir les uns et les autres pour financer nos activités. Le manque d’argent nous empêche aujourd’hui de réaliser nombre de projets qui contribueraient à transformer en une réelle force militante l’immense potentiel anticolonialiste actuellement existant. A travers les actions que nous menons, nous rencontrons tous les jours un fort courant de sympathie pour les thèses de l’Appel, nous croisons de très nombreuses personnes qui voudraient s’engager, nous percevons une demande très forte que notre mouvement soit plus présent, plus visible, plus efficace.

Or, l’un des obstacles, certes pas le seul, est la faiblesse de nos ressources, limitées aux sacrifices que font certains d’entre nous, en termes de dons ou de prêts (souvent pas remboursés !) et qui ne sont guère suffisants pour assurer la stabilité d’un budget qui pourrait nous permettre de diffuser largement nos prises de position, de couvrir les frais de déplacement et de louer un local, outil indispensable comme point de ralliement et d’information et lieu de réunion.

Alors que nous préparons la deuxième Marche pour le 8 mai prochain, nous avons accumulé un grand retard en termes d’impression du matériel de campagne et nous risquons de ne pas disposer des quantités requises de tracts et d’affiches pour toucher le plus grand nombre possible de personnes. Pour réussir cette Marche, il nous faut faire un effort exceptionnel de mobilisation et, par conséquent, réunir les fonds nécessaires à notre campagne. Il nous faudra également disposer de l’argent nécessaire à la confection de banderoles, à la location d’un camion, d’une sono et de multiples frais indispensables pour donner de la vie à la Marche.

C’est pourquoi, nous n’hésitons pas à faire appel à vous, sachant que la plupart d’entre vous, comme nous tous, ont souvent des fins de mois pénibles ou sont sollicités par d’autres engagements militants. Mais l’autonomie de notre mouvement est également synonyme d’auto-financement et nous n’avons pas d’autres moyens que de lancer cette souscription.

Pour aider le Mouvement des indigènes de la république, pour permettre le succès de la Marche du 8 mai, vous pouvez soit envoyer un chèque, libellé à l’ordre des indigènes de la république soit opérer directement un virement sur le compte des indigènes.

Les indigènes de la république sont titulaires d’un compte au :

CREDIT COOPERATIF

252 boulevard Voltaire

75544 PARIS Cedex 11

Code Banque : 42559

Code Guichet : 00008

Numéro : 2102 9261 606 clé RIB 56

-  Un justificatif vous sera adressé par retour de courrier.

-  Un grand merci et toutes nos salutations anticolonialistes.

Publié le lundi 3 avril 2006
Mise à jour le lundi 3 avril 2006

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